Mauritania UNDERGROUND

Authentiquement Vôtre : Pour démystifier et démythifer

 

Pour démystifier et démythifier

 

 

Mon propos aussi reproducteur de la réalité serait-il, ne saurait pour autant porter sur des personnes en dehors de leur présence dans le champ public. Mais cela- devrai-je le rappeler ?- ne saurait les exonérer de la responsabilité des actes publics et privés  qu'ils seraient amenés à commettre.

En effet, l'homme selon un raisonnement juste est une entité intégrée…physique et morale dont les deux éléments constitutifs  sont à ce titre indissociables. C'est ainsi que par exemple on ne peut pas s'adonner à cœur joie à toutes les turpitudes toute sa vie durant et se présenter comme étant un parangon de grande vertu.

En clair on ne peut pas en l'espace de vingt années et plus, s'activer les yeux fermés et l'avidité au vent, à piller les richesses du pays, en pervertir tous ceux qui conservent un tant soit peu de valeurs (morales ou véritablement intellectuelles) et s'ériger en champion  de la démocratie.

Ce disant j'avertis tout de suite que mon propos ne comportera pas de message subliminal ni ne souffrira aucune inclination aux louvoiements ou aux fioritures auxquels on nous a habitués.

Ces prévarications ont leurs auteurs attitrés, connus et bien répertoriés par les nouvelles forces du changement en gestation dont ils ne font pas partie et que je me propose de constituer.

 

La symphonie du braiement collectif n'a rejeté aucun choriste…Tous ont un jour ou l'autre poussé la chansonnette qui par atavisme, et qui par souci de préserver une respectabilité écornée par les pièges des services spéciaux de l'ancien- actuel- et- sempiternel directeur de la sûreté des vingt-trois dernières années.

Chez lui ont émargé les deux tiers de tous ceux qu'on pourrait soupçonner de lever le petit doigt un jour.

Tous y sont passés, même les plus insoupçonnables : les leaders des partis politiques, les islamistes, une frange des FLAM, certains « Ulémas » (ou connaisseurs de quelques textes sacrés), les journalistes, les intellos-justificateurs, les chefs de tribus, de villages négro-africains, de femmes de joie et de malheur, de jeunes cadres souvent bien formés  mais que leurs « ailes de géants n'ont pas empêché de…« voler  ».

 

Mon propos dira donc les choses telles qu'elles doivent être énoncées. Pour démystifier et démythifier. Tout ce qui a été dit sur la phase intérimaire que nous vivrons pendant longtemps encore (à moins d'un miracle !) part d'un postulat non vérifié qui prétend que la transition en était vraiment une et qu'elle a été menée de main de maître  « sans interférences aucunes du pouvoir »(sic), ni intimidations, ni promesses de passe-droit…Cette dernière perspective est à bien des égards alléchante compte tenu des efforts en cours en vue de créer un nouveau pôle économique et financier au profit d'une nouvelle branche de notre MAFIA Nationale.

 

Les premiers responsables de cette situation sont les partis politiques, les intellos opportunistes et notre histoire mal digérée et surtout jamais soumise au tamis de la critique.

Sinon comment expliquer la cécité politique des dirigeants des partis collabos (en tout temps malgré certaines apparences) et des pseudos intellectuels devant une réalité qui crevait les yeux de tout le monde.. à savoir que notre pays était ( et est toujours heureusement) à la croisée des chemins et qu'il est encore possible de faire la politique, autrement.         

 « Nous lui  montrâmes les deux chemins ! » Ainsi nous parle le TRES-HAUT dans  le saint coran¨¨mais l'homme cet être pressé, singulièrement dans nos contrées s'est arrangé depuis très longtemps avec sa conscience.. Il laisse ses désirs et ses instincts les plus bas, le guider.. En assaisonnant  tout cela à une sauce piétiste insipide sans s'apercevoir que ses faux airs ont cessé de tromper même les plus crédules.

La tâche est d'autant plus urgente que tous les acteurs politiques, toutes intentions confondues, ont versé dans un « consensualisme » aux contours et aux fondements non définis. Ils ont accordé un blanc-seing non mérité aux putschistes d'Août 2005 et sont en passe de se compromettre de nouveau.

Cet « unanimisme » faussement béat est produit par ceux qui depuis 1977 ont enseveli toute velléité de renouveau dans notre pays et ceux que des idéologies surannées continuent d'alimenter la rhétorique.

A coté de ceux là, s'active depuis toujours une grande masse de profiteurs patentés qui, depuis l'aube de l'indépendance étouffent nos rêves en s'alignant systématiquement sur les positions du pouvoir du moment. Quel qu'en soit le prix … surtout moral.

Durant le milieu des années 70,  à la sécheresse climatique s'est superposée une sécheresse politique qui a mis fin à nos espoirs de réelle émancipation.

 

Les effets négatifs conjugués de ces deux sécheresses, la guerre du Sahara et les coups de boutoir feutrés assénés sournoisement par un régime en perdition, avaient tôt fourni la base théorique et pratique d'une vision nouvelle (pas assez !)  Confortant l'aptitude de nos pseudos intellectuels à la reptation. Un tantinet mise en veilleuse.

Ajoutée à cela l'exploitation éhontée des attaches méta sociologiques, régionales, ethniques et raciales qu'on entretient dangereusement pour servir des intérêts égoïstes au détriment de la concorde  entre les différentes composantes de notre peuple.

Ces nouveaux bourreaux de la société qui en étaient victimes auparavant, se recrutent essentiellement parmi la faune hétéroclite des « sachant lire et écrire », les derniers de la classe et les auxiliaires des services spéciaux.

Ces derniers ont vu leur rang grossir durant les 25 dernières années et il est quand même curieux que les ravages causés par ces différentes coteries, l'ont été avec l'encouragement et la bénédiction du régime déchu. Ce régime continue de sévir par la présence de ses affidés les plus fidèles, au sein des nouvelles équipes qu'on nous propose.. mettant à terre le socle friable de la prétendue interdiction aux membres du CMJD et du gouvernement de se présenter à des fonctions électives. Ils y sont partout. Par l'interposition des prête-noms, poulains et autres spécimens de la faune qu'ils ont domestiquée. 

 

Il est plus curieux encore que la prospérité de ces sinistres individus provienne de la volonté des services spéciaux dirigés.. (Jusqu'à quand ?) par un seul et même homme : Le directeur de la sûreté nationale du régime caporaliste des vingt dernières années et qu'on veut encore pérenniser.

Il est de notoriété publique que l'actuel régime est l'émanation directe de la « camarilla » militaire qui, incapable ou empêchée de se constituer en gardienne de nos libertés, veut pourtant s'ériger en institution garante et « dépositaire (comme elle l'a clamé en 78) en dernier ressort de la légitimité politique ».

Tous savent que l'actuel président de la République est comme me l'a suggéré un ami (où est-il celui là ?) « (h)éliporté ? ». Un autre m'a dit qu'en fait de président élu, la radio et la télévision (voix de leurs maîtres), auraient dû dire le président d'Ely au lieu de président Elu. Ils ont tous les deux raison ! 

Que ceux qui n'ont pas encore été frappés par l'amnésie collective qui nous enserre chaque fois que l'on veut nous mentir à nous-mêmes et aux autres, se souviennent de tout cela :

Qu'ils se souviennent de comment le dernier scrutin a été organisé. Et se rappellent surtout comment on a créé de toutes pièces (sonnantes et trébuchantes) une pseudo majorité parlementaire, un homme politique et un ATT en herbe qui découvrira à ses dépens que n'est pas « ATT » tout celui qui le veut.

Ce respectable général de l'armée malienne a opéré chez lui un vrai changement même si d'autres mains l'y avaient encouragé.

Il avait les mains propres, et n'a pas continué à tirer sur les ficelles durant la transition dans son pays. C'est tout le contraire du nôtre de Colonel qui distribue aujourd'hui dans son palais plus beau que le Palais, à larges mains, la portion congrue de sa part du butin que lui, les intellos troubadours, les partis émargeant à ses services et j'en passe, ont honteusement prélevé sur les richesses de notre pays.

Ce sont eux  qui ont introduit le concept de l'envie et de la jalousie, pour « expliquer » la révolte des individus et des groupes laissés sur le bord de la route.

Ces prédateurs, ces pilleurs du bien public sévissent depuis la guerre du Sahara et asservissent le peuple avec son propre argent.

Pour ce faire ils avaient besoin (ils en ont usé  à satiété) de diaboliser quand ils n'arrivent pas à supprimer tout simplement, tous ceux qui essayeraient de leur barrer le chemin.

 

Depuis cette date on s'en est pris avec pelles, pioches et karchers même, à tout ce que nous avons de lumineux dans notre existence. Tout y a passé :

Les préceptes de notre sainte religion, nos valeurs morales… en somme tous les éléments constitutifs de notre être national. Le mal est énorme. Une reconversion des mentalités s'impose.

A chaque fois que leur peur le leur dictait, les charognards ont réuni les ingrédients d'une hécatombe nationale, pour ensuite s'ériger en pompiers improvisés pour venir à bout de l'incendie qu'ils ont eux-mêmes provoqué. A nous donc de demeurer vigilants.

C'est dans un environnement liberticide semblable que s'est déclenchée la cascade de coups d'états militaires qui rythment notre vie et menacent de la ponctuer pour longtemps encore. Ces juntes successives ont usé tour à tour de la même rhétorique et utilisé les services des mêmes conseillers occultes et les mêmes visages de proue au gouvernement. Avec à chaque fois un discours et des promesses nouveaux. 

Cette espèce malfaisante compte en plus de l'élite qui a déshonoré et désarmé l'armée, les fonctionnaires véreux, les pseudo intellectuels, les élites tribales, régionales, ethniques ainsi qu'une cohorte d'intermédiaires, de marchands compradores, et de parvenus de tous genres. Cette situation perdurera tant que nous ne crèverons pas l'abcès des « non-dits » de notre passé ancien et récent.     

L'accumulation par inhibition des blessures de l'âme, de la vie dans l'urgence, de l'insécurité permanente, ont constitué le ferment qui a donné naissance a « l'homo Mauritanicus »… Cet être étrange marqué dans toutes ses attitudes par la culture du mensonge et de l'oubli sélectif, sous-tendus par un fatalisme de circonstance, que nourrissent des interprétations erronées des enseignements de notre sainte religion.

Mais avant que le manteau de l'amnésie collective n'enveloppe nos esprits pour faire fondre dans les brumes de nos omissions voulues, les ultimes réminiscences de la mascarade politicienne que nous venons de vivre, nous devons  marquer un temps d'arrêt.. dans notre pensée pour dessiller les yeux de ceux auxquels on cache encore la vérité.

La tâche est urgente car il s'agit de démystifier toute une situation et de démythifier des modèles qui n'en sont point. N'en déplaise à ceux qui veulent nous convaincre que ce qui s'est produit confère à la Mauritanie le statut d'exemple à suivre.

Ce sont des vérités que nous devons connaître ici et dans le monde chloroformé par une propagande qui semble avoir fonctionné pour les raisons que chacun peut deviner. Dans le cadre de la mondialisation forcenée en cours, nul chef d'état même dans la France tant singée sous nos cieux, ne saurait être toléré sans avoir été adoubé par les tenants du nouveau système planétaire qu'on veut instaurer.

Si le pôle est unique, des Etats-satellites et des pays de main, s'immiscent pour son compte dans nos affaires pour changer  au gré de leurs intérêts ceux de nos régimes qui se sont usés ou, prenant du poil de la bête, se sont rebiffés.

Pour expliquer tout cela, le populariser à l'extrême il faut des hommes et des femmes armés d'un courage et d'une lucidité sans faille, auxquels nous ne sommes plus habitués.. non pas que nous soyons congénitalement condamnés à la peur et à patauger pour être « accepté » dans la boue de l'imprécision, de la dérobade et de l'arrangement permanent et éprouvant avec notre conscience.. Mais surtout parce que la culture ambiante, l'échelle de valeurs à redresser, l'inexistence de la culture étatique ont constitué le moule dans  lequel ont nous a coulés, pour uniformiser nos vues et nos aspirations, en misant sur cette prédisposition née des péripéties de notre histoire qui nous fait accepter de nous fondre sans discernement dans « la masse » de ne pas nous singulariser. Cela avec grand renfort d'adages, d'apophtegmes, de sentences, et toutes les autres ressources de la sagesse populaire… Ce fourre-tout…à revoir et corriger.

En fait de singularisation je ne suis pas le seul à désirer un vrai changement. Ils sont légion dans les partis (même ceux de collaboration), dans la société civile et dans le pays profond.

Ils se cherchent à l'heure qu'il est.

S'ils persévèrent ils se retrouveront.

Là c'est un pavé dans la marre. D'autres j'en suis convaincu s'y ajouteront et ensemble nous rétablirons la vérité sur ce qu'il y a eu et proposeront ce qui devra être entrepris. Se taire aujourd'hui n'est plus accepté. Certains acquis de nos balbutiements en démocratie nous permettent de parler, d'écrire, d'agir...

Qu'attend-on nous, alors ?

 

BRAHIM OULD ABDALLAHI



Article ajouté le 2007-06-17 , consulté 13 fois

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